Kandai siz ?

4 mai 2021 0 Par Vivi et Eric

2015-06-14 23:34:00

Après 3 semaines de procrastination en Ouzbékistan, voici enfin la naissance de notre site. Nous reprenons donc du stylo pour vous raconter les débuts de ce périple. Pour récapituler le voyage jusqu’ici, nous sommes arrivés à Ourguentch le 31 mai 2014. Nous avons visité la ville de Khiva, qui ressemble plutôt à un décor de cinéma. La ville est cernée de fortifications. A l’intérieur, mosquées, medersas et autres mausolées font l’attraction des rues. Mais ce qui est encore plus passionnant, c’est le marché du dimanche. Là, toutes sortes de touristes ouzbèkes provenant des villes ou villages voisins viennent sillonner les rues, acheter sacs, soie et autres bijoux fantaisie en toc. Là-bas, pas trop de touristes étrangers. Il faut donc nous adapter et apprendre quelques rudiments d’ouzbek pour se faire comprendre. Nous qui aimons tant nous mêler aux locaux, nous venons nous asseoir dans une de ces petites échoppes où les touristes sont rares.

Les Ouzbeks nous regardent d’un air étonné, mais content. Dans notre for intérieur, nous imaginons qu’ils sont ravis de nous accueillir et de partager ce moment avec nous. En tout cas, nos voisins de table ont bien compris la situation et timidement nous désignent les plats en les nommant dans leur langue. Notre prononciation les fait sourire. Il paraîtrait que la langue ouzbek est très simple à apprendre. A l’heure où nous écrivons cette page, nous sommes passés de l’autre côté de la frontière ouzbek et c’est seulement après 3 semaines d’entraînement que nous avons réussi à prononcer correctement la simple phrase « comment allez-vous » en Ouzbek, qui s’écrit phonétiquement « kandai siz ». Vous êtes sûrement en train d’essayer de le prononcer. Ce genre d’expérience appartient maintenant à notre quotidien.

Après 2 nuits à Khiva (« kh » se prononce r ou comme la jota en espagnol), nous partons pour Boukhara en taxi collectif. La ville de Boukhara est pleine de trésors à visiter : des vieilles halles anciennement bourses pour les marchands, aux mosquées, en passant par caravanserails, medersas ou madrasas. Celles-ci sont des collèges ou universités dans lesquelles étaient enseignées la religion et la lecture du Coran. Certaines fonctionnent encore. Leur architecture est similaire à celles des mosquées, ce qui en fait des monuments fabuleux à visiter. Début juin, c’est le festival de la soie et des épices. Nous avons donc eu la chance de partager ce moment culturel et folklorique avec d’autres bagpackers et locaux.

Festival Silk&spices Boukhara Medersa Mir-I-Arab

Après Khiva et Boukhara, le périple continue vers Samarkand pour encore plus de visites culturelles et bazardesques. Il faut savoir que les bazars sont des points névralgiques dans chaque ville. Ils permettent aux locaux de faire leurs courses du quotidien. Le plus impressionnant que l’on ait vu est sans doute celui de Ourgout à 1 heure de voiture de Samarkand. Sa particularité est d’être entouré de montagnes que l’on aperçoit au loin, alors qu’il est situé au milieu de nulle part. D’une manière générale, ces bazars semblent vraiment appartenir à une autre époque. Ils sont organisés par spécialités : nourriture, tissus, artisanat, mécanique, plomberie, hygiène…. Tout le monde négocie, crie, court dans tous les sens. Nous en reparlerons plus tard, plus longuement.

Jusqu’ici, le voyage nous a permis de voir l’Ouzbékistan en partant d’une petite ville pour progresser vers la capitale. Cela se ressent énormément lorsque nous descendons dans le métro de Tachkent. Les tenues d’une autre époque sont remplacées par des shorts ou jupes. Les garçons et les filles se tiennent par la main, les femmes ont les cheveux blonds, … Après un bref passage à la capitale, et quelques déceptions à l’ambassade tadjik (article à suivre), nous avons décidé de nous mettre au vert en nous rendant à Nuratau. Cette région peu connue des touristes et des Ouzbeks eux-mêmes fait partie d’un projet de tourisme communautaire sur lequel nous reviendrons plus précisément. Nous sommes accueillis par une famille installée depuis au moins 300 ans dans le village de Asraf. Perdue et encaissée dans la montagne, cette oasis est juste un pur moment de détente et de retour à la nature, ce qui était franchement nécessaire avant de rejoindre la vallée de Ferghana. Cette région très fertile regroupe la majorité de la population ouzbek et c’est le cœur économique et industriel du pays, mais les villes y ont moins de charme. Les guest houses sont situées dans des immeubles délabrés de l’époque soviétique. Bref, le décor change vraiment. Néanmoins, la route pour s’y rendre est sublime et serpente entre les montagnes en offrant une vue sur le Pamir alaï au Sud, mais la pollution de la vallée ne nous permet pas d’apercevoir le massif de Tian Shan au Nord.

C’est après ce bref passage dans le Ferghana que nous nous sommes résolus à quitter notre 1ère terre d’accueil pour nous diriger vers le Kirghizstan… Osh nous voilà !